Allez, c’est parti : après plus de dix jours sur place, sans avoir fini de déballer toutes les valises, après avoir regardé quinze vidéos de type « comment commencer à écrire » « les 12 trucs qui permettent d’écrire » « les trois erreurs à éviter à tout prix quand on veut écrire », et surtout, après avoir reçu une carte postale particulièrement particulière, je commence.
Bien sûr que j’ai envie de vous raconter tout ce qui nous arrive ici, et aussi, plus égoïstement, d’en garder une trace. Ceci étant posé, comment savoir quel serait le ton le plus juste ? Difficile de trancher ; sans vraiment rien cacher, je ne raconte pas toujours les choses de la même façon quand je discute avec mes amies, ou avec mes collègues, ni quand je raconte mes journées à ma mère ! Enfin, allez, hop, je commence, allez ! (Faut-il faire attention au style, faut-il choisir mes mots, faut-il que ce soit beau ?)
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Gare de l’Est, le 20 août, 14h15 : un enfant joyeux et deux adultes exténués, montent dans un train direction GÖTTINGEN, après un sprint d’un mois totalement fou, chargés d’au moins deux cents kilos de valise et de plusieurs tonnes de reconnaissance pour toute l’aide, inestimable, irremplaçable, qu’ils ont reçue ces derniers jours.
Helweg, mon irremplaçable Chef, est venue avec sa famille pour nous claquer une dernière bise et nous offrir un au-revoir digne d’Hollywood, avec course le long du train. Il y a Aude aussi, grâce à qui nous avons pu transporter nos affaires de Montreuil à Gare de l’Est en passant par le métro ; ç’aurait été impossible sans elle, son dos, ses bras (trois -énormes- valises, trois bagages à main, trois sacs à dos, cinq ou six sacs en toile -et une poussette)

J’aimerais pouvoir vous dire que notre voyage s’est déroulé sans aucun encombre mais … Kein problem mit unser « barda »*, non non, mais un peu de retard, dû à un gugusse trop proche des voies, et qui ne veut pas s’éloigner, et le retard s’allonge, et le gugusse ne se laisse pas attraper, et le retard s’allonge encore… L’arrivée prévue en cours de soirée devient finalement fort tardive ! Mais de toutes façons, heure tardive ou pas, on n’est plus capables de ne faire qu’une seule chose : trouver le matelas, s’allonger dessus, et en avant les ronflements ! Nuit calme, nuit tranquille ? Oh non ! Pas pour moi en tous cas ; pleine de surexcitation, je me suis réveillée à peine trois heures après m’être endormie, pour envoyer douze mille messages, et pour filmer tout l’appartement que nous allons investir cette année, auquel il va falloir dire au-revoir en août prochain… Quelle aventure quand même. Rien qu’un petit problème : je suis -provisoirement j’espère !- allergique à toute forme d’aménagement. Seuls le REPOS, la DETENTE, les VACANCES m’attirent. Tout de même, ça serait mérité ! Une bonne semaine ou deux de relaxitude totale, avant de repartir dans la vie normale… Voilà cependant que toutes les obligations mises de côté pendant ce mois de folie, dédié à la préparation de notre déménagement du bas Montreuil / aménagement du nouvel appartement refait à neuf et donc tout vide / départ de Montreuil vers l’Allemagne, se rappellent à nous avec force et conviction (je vous laisse repartir chercher le sujet de ce verbe). Wallah on est donc bien obligés -c’est le problème des obligations, elles nous obligent- de leur consacrer du temps et de l’énergie. Xylophonant d’une tâche à une autre, on a jonglé entre l’installation de la chambre de Mathias, son adaptation à la Kita**, les traductions de Philipp, un cours à préparer de mon côté, et notre immense besoin de sommeil (toujours bien présent à l’heure où je tape ces lignes à 3h30 du matin, peut-on trouver en soi le moyen de devenir raisonnable à 40 ans si on a passé 39 ans à ne pas l’être?)
Y a-t-il parmi vous des gens qui ont trouvé la contrainte que j’ai respectée pour écrire ce tout premier texte ? ZOÉ c’est certain, mérite le Paradis ! ❤ ❤ ❤
* = « pas de problème avec notre barda »
* = Kindergarten = jardin d’enfants, le mot jardin est féminin en allemand. Sur ce qui s’y déroule, plus de détails plus tard !
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